Prix du Premier ministre pour l'excellence dans 
l'enseignement

Pratiques exemplaires 2008

Devenir une école écologique

Devenir une école écologiqueComment une école fait-elle pour prendre le virage écologique? Cheryl Carr, qui enseigne la géographie aux élèves de 9e année et les enjeux mondiaux à ceux de 12e année, connaît la réponse. Faisons un saut au programme Éco-école. « Je suis une fervente partisane d'un changement de culture à l'école pour qu'elle puisse devenir beaucoup plus durable et respectueuse de l'environnemen t», dit-elle. Mme Carr enseigne au Dr. Norman Bethune Collegiate Institute à Toronto (Ontario), établissement qui compte 1 300 élèves dont une grande proportion vient de Chine et est inscrite aux cours d'anglais langue seconde. Le programme Éco-école connaît un tel succès depuis son lancement il y a six ans que maintenant presque 10 p. 100 de toute la population scolaire y participe activement et il a obtenu la certification Or. La transformation s'est amorcée avec la création du Bethune Environmental Action Team – BEAT (équipe d'intervention environnementale du Bethune Institute) qui est devenu l'un des clubs scolaires les plus cools des élèves.

Le BEAT fait maintenant partie de la vie de l'école, mais cela ne se fait pas tout seul. Selon Mme Carr, « Vous devez établir le programme et cela doit se faire en équipe. Nous avons rencontré tout le monde, les préposés à l'entretien, les directeurs, le personnel de secrétariat et le conseil consultatif de l'établissement pour essayer de changer la culture écologique de l'école ». Le BEAT a son conseil étudiant, qui dirige le programme au complet sous l'orientation d'enseignants-conseillers et choisit les comités qu'il veut voir à l'action. Trois comités se rencontrent dans des salles différentes : réduction des déchets et de l'énergie, moral et ventes et écoles élémentaires en amont. L'école dispose également d'une grande aire naturelle dont l'entretien revient à tous les membres de ces comités.

Le premier défi de taille à relever pour le BEAT était le programme de recyclage de l'école. Pour faire une collecte de denrées recyclables, les élèves ont installé des boîtes à ordures Rubbermaid modifiées à côté de toutes les poubelles de l'école. Ils aident le personnel affecté à l'entretien en ramassant les objets recyclables dans les classes et ont ouvert leur propre centre de recyclage. Outre la récupération d'articles tels que bouchons de liège, lunettes et languettes de canettes de boissons gazeuses, le centre se fait un peu d'argent grâce au recyclage d'objets comme des cartouches pour imprimante, puisqu'une qu'une grande boîte pleine de ces cartouches va chercher vers les 100-150 $ en rabais. L'école a également réduit les frais de photocopie d'environ 10 p. 100. Les économies supplémentaires peuvent être redistribuées à d'autres programmes : l'achat d'ordinateurs, de manuels scolaires et de râteliers à bicyclettes, par exemple.

La conservation d'énergie est une autre initiative importante. Ainsi, la police de la conservation d'énergie (des membres du BEAT) veille à ce que l'on éteigne les lumières et les ordinateurs et rappelle poliment aux parents de ne pas laisser leur véhicule en marche inutilement lorsqu'ils déposent ou viennent chercher leurs enfants. Le BEAT a élaboré des programmes de sensibilisation dans les établissements élémentaires de la région dont les élèves fréquenteront plus tard le Norman Bethune Institute, en vue de leur inculquer une attitude respectueuse de l'environnement. Le programme devient ainsi autonome.

La réussite du programme est due essentiellement à la communication et la collaboration entre tout le personnel, les élèves et les parents, qui ont été mobilisés. Le BEAT organise un certain nombre d'activités amusantes au cours de l'année, telle que la Semaine de la réduction des déchets. D'autres départements de l'établissement se sont également joints au mouvement. Le département de musique a participé à la campagne de financement en donnant de l'argent amassé par leurs concerts, et le département des arts décore chaque année les poubelles. Le BEAT est ainsi totalement intégré dans la culture de l'école.

« La chose la plus importante est probablement d'en faire un projet amusant », de dire Mme Carr. « Le recyclage n'est pas une chose très stimulante en soi; nous nous arrangeons donc pour avoir beaucoup de plaisir et organiser de nombreuses activités ». Selon Mme Carr, les élèves en seront reconnaissants, l'école en sera reconnaissante et la planète, elle aussi, en sera.